Biographie - Les Frères Diouf

Diouf, c'est l'histoire de deux frères percussionnistes qui traversèrent l'atlantique en 1996 pour faire leur marque en Amérique du Nord. De spectacles en collaborations, les deux sénégalais se transformèrent tranquillement, de leur propre aveu, en québégalais. Deux musiciens, deux mondes, une musique. Sept ans plus tard, ils nous offrent enfin leur premier album, Dund. Mais commençons par le commencement...

8e et 9e d'une famille sénégalaise de 10 enfants, Karim et El Hadji sont très tôt attirés par les djembés, sabars et tamas qui animent les fêtes familiales: toutes occasions sont bonnes pour se rapprocher de ce monde musical et au grand dam des aînés de la famille qui veillent sur eux, les études sont graduellement délaissées. En secret, ils répètent dans différents ballets traditionnels, cachant chez leurs voisins leurs djembés, prétextant des sorties entre amis afin de donner des spectacles. L'histoire éclate le jour où, invités à participer à une tournée de 45 villes européennes avec Dougou Fana, ils doivent obtenir une signature parentale pour avoir un passeport puisqu'ils n'ont pas encore la majorité. Depuis ce moment, leur passion pour la musique se vivra à chaque instant et au grand jour.

Partis 6 mois avec Dougou Fana, ils auront l'occasion de raffiner leurs techniques musicales et de goûter à l'aventure et au dépaysement. Ils ont aussi la piqûre des grandes salles, de l'équipement de pointe: au Sénégal, ils se produisaient sans même avoir de micro. Leur première expérience les a certes fait rêver.

De retour au Sénégal, El Hadji et Karim participent à de nombreuses tournées à l'intérieur du pays, notamment avec Baaba Mall pour qui ils assurent la première partie. Dans leur quartier, tous les connaissent. Membres fondateurs du groupe Faxass Sico, un groupe créé pour encourager l'équipe de soccer locale, les Diouf animent et chauffent les stades. On les recrute pour toutes sortes d'événements, du souper officiel dans les chics hôtels de Dakar aux baptêmes et mariages de quartier, en passant par les fameux sabars sénégalais où les femmes dansent avec frénésie et où elles s'évertuent à impressionner la foule aux sons des rythmes endiablés des tambours.

Un an plus tard, le Diamono Ballet les engage pour une série de spectacles au Québec, notamment pour le Festival des Francofolies de Montréal. La ville leur fait de l'oeil. Arrivés sur place, ils décident d'y rester. Commence alors un long parcours musical. Dès le début, ils donnent des spectacles de percussions, chants et danses avec l'aide d'amis, et se produisent dans diverses salles de la province. Ils sont appelés Faxass Sico, et joue une musique sénégalaise traditionnelle. Ils enseignent aussi le djembé dans quelques écoles de musique. On commence à entendre parler d'eux dans le milieu artistique québécois.

En 1997, Dubmatique fait appel aux frères Diouf pour une participation à l'album La force de comprendre. C'est aussi cette année-là qu'ils font la rencontre d'André Fortin, leader du groupe Les Colocs; une amie organise pour eux l'enregistrement d'une maquette musicale et Dédé Fortin est recruté pour agir comme technicien de son. Les Diouf ne connaissent alors ni le groupe, ni Fortin… Impressionné par leur talent et leur charisme, Dédé les invite à devenir eux aussi des Colocs. Ils participeront à l'album Dehors Novembre ainsi qu'aux spectacles subséquents et collaboreront à l'album Suite 2116 après le décès de leur ami André. El Hadji sera récipiendaire en 1999 du Prix Socan comme coauteur pour la chanson de l'année, Tassez vous de d'là des Colocs.

Faxass Sico continue de se présenter en spectacle: de Drummondville à Alma, du Festival des Nuits d'Afrique au Francofolies de Montréal, de Fun noir à TQS à Studio TV5, El Hadji et Karim se taillent une place et créent des liens avec d'autres musiciens. C'est d'ailleurs sur le plateau de TV5, émission animée par Michel Rivard, que les Diouf rencontrent plusieurs des musiciens qui participeront à leur 1er album, Dund.

À travers tous ses événements, on doit mentionner quelques collaborations. Les Colocs bien sûr, mais aussi Loco Locass, Stefi Shock, Luc de la Rochelière, Rock Voisine, Guildor Roy, Tiken Jah Fakoli, Alpha Yaya Diallo, Annie Brocoli, Charles Dubé, Vander et tout dernièrement l'excellente Ariane Moffatt.

2003 est une année charnière pour le groupe qui prend maintenant le nom de Diouf. Leur premier album, Dund (vivre, en wolof), sort en novembre. Les critiques sont unanimes, l'album est excellent et la collaboration d'artistes canadiens de renom (Rick Haworth, Mario Légaré, Francis Covan, Bruno Rouyère et Sylvain Quesnel pour ne nommer que ceux-là) ne rend l'album que plus complet. Pour citer Philippe Daoust du magazine L'actualité: "En définitive, on retient que l'oeuvre a un son d'ensemble étonnamment riche, qui en fait un disque de musique du monde totalement accompli. Incontournable".

S'en suit une campagne de promotion qui les amènera devant la caméra de nombreuses émissions culturelles québécoises ainsi que derrière le micro pour des dizaines d'entrevues radio. Dans toute cette foulée médiatique, Diouf se voit remettre le Prix Étoile Galaxie de Radio-Canada de la vitrine Exposed Roots/Sons neufs comme le monde et est aussi en nomination au gala des MIMI dans la catégorie cosmopolite.

Le spectacle de Diouf est à l'image de l'album: bien sûr, des percussions, mais aussi des guitares, de la basse, une kora et une batterie. Le résultat: un ensemble de rythmes, une ligne mélodique, deux voix qui s'élèvent en harmonie. Le groupe a fait du chemin depuis ses premiers spectacles il y a 15 ans. Mais leur passion de la scène n'en est que plus grande. Si vous n'avez pas encore vu Diouf en spectacle, attention! Le plaisir croît avec l'usage...

Site Internet : www.diouf.ca

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