En salsa, nous profitons des autres!

Et nous aimons cela. Quoi? Vous ne profitez pas de vos danses? Pouhahahaha. Je vais croire cela? Naooonnnnnn!

Évidemment, nous profitons des autres avec une entente mutuelle sans parole tout en respectant les limites du langage corporel.

Songé? Oh que oui! Surtout quand on parle de la définition des limites :)

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Les limites. Pour quelqu’un, ça peut être toujours danser la salsa en position ouverte, pour un autre, ça peut bien être danser une bachata « collé-collé »! Il ne faut pas oublier que les limites sont différentes pour chaque personne et sont aussi différentes dépendant avec quelle personne elle danse.

Ce qui est important en parlant des limites, c'est de les montrer! Ce sont vos limites et c'est votre zone de confort. Vous seul pouvez les montrer car l'autre ne peut les deviner. Si l'autre personne vous apprécie un peu, elle comprendra et se distancera ou se collera d'avantage tout dépendant du signe que vous lui avez montré!

Vous remarquerez que lorsque la danse est terminée, profiter de l'autre c'est fini. Pourquoi? Parce que pendant cette danse, pendant un moment, vous êtes dans la zone des exceptions. Lorsque vous n'êtes pas dans la zone des exceptions, vous pensez à ce que les autres pourraient penser de vous, vous pensez à plaire aux autres, vous pensez à votre futur ou vous utilisez vos qualités et points forts pour dominer le monde. La zone d'exceptions, c'est ce moment où vous n'entendez pas dans votre tête « fait pas cela, tu vas avoir l'air de quoi?! ». La zone d'exceptions, c'est ce moment où vous arrêtez votre vie pour regarder le coucher du soleil et dire « wow ».

C'est pour cela que lorsque vous êtes intéressé à une personne, il faut la sortir à l’extérieur du monde de la salsa ou de la danse pour la connaître. Tout ceci par contre, sera l’objet d’un autre article.

Bonne danse!

Par Alexandre Racine.

AR/sg

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Commentaires

"La zone d'exceptions, c'est

"La zone d'exceptions, c'est ce moment où vous arrêtez votre vie pour regarder le coucher du soleil et dire « wow »."

Pour ma part, j'appelle ce moment "moment de bonheur intense", ce même genre de bonheur qui donne envie de pleurer... dont on ne sait trop pourquoi.

Danser = profiter de l'autre? Je dirais plutôt, Danser = profiter de ce moment de bonheur à deux.

Merci pour ce moment de réflection

Jean-Francis

En salsa, nous en profitons avec l’autre...

En salsa, nous en profitons avec l’autre...

Excellent thème de blogue Alex !

C’est drôle parce que j’en discutais avec des amis-ies après une pratique au Moka, samedi, voilà deux semaines. Bon, soyons clairs : ne nous sommes pas des pros, mais nous avons assez d’expérience, d’étiquette et de jugement pour savoir que le respect constitue la règle numéro 1 en danse sociale.

Il faut bien sûr savoir bien décoder le langage corporel du partenaire, qui parle souvent autant, sinon davantage, que les mises au point maladroites pendant ou après la danse…

À mon avis, danser, c’est avant tout savoir communiquer avec le partenaire. Savoir communiquer dans les deux sens, cela veut aussi dire l’écouter. Danser, c’est fraterniser. C’est profiter du temps qui s’arrête sans être à contretemps…C’est vivre une expérience émotionnelle, physique et spirituelle unique. C’est rejoindre l’autre dans ce qu’il a de plus mystérieux et différent dans une entente mutuelle. C’est partager des moments inédits ensemble. C’est s’abandonner à soi et à l’autre.

C’est ultimement – et surtout - avoir du plaisir dans le respect d’autrui. Et sentir que l’autre en a aussi ! C’est donner et recevoir. C’est s’exprimer et laisser l’autre exprimer sa différence. Si profiter des autres veut dire ça, mon vieux, je suis d’accord. Car au sens strict du mot – une vilaine déformation professionnelle de ma part sans doute - profiter des autres, même en salsa, me rend mal à l’aise. Cela m’apparaît intrusif, égocentrique et contrôlant. Ce qui est aux antipodes de la danse.

C’est vrai que chacun doit fixer ses limites sur le parquet de danse. Comme dans la vie d’ailleurs. Mais la ligne de démarcation est souvent difficile à tracer, selon le contexte. Il arrive même qu’elle change d’une personne à l’autre, d’une danse à l’autre, d’un jour à l’autre, d’un lieu de pratique à l’autre… Les quiproquos sont possibles – peut-être trop souvent - parce que les émotions, les valeurs, les pulsions refoulées et les désirs inconscients envers l’autre peuvent faire irruption et s’entrechoquer parfois...

C’est ainsi qu’on voit des regards trop insistants non partagés, des mains baladeuses non souhaitées et des rapprochements intrusifs de mauvais goût de la part de certains mecs apparaître là où ça ne devrait pas être. Parfois, c’est involontaire, parfois on y sent une intention malsaine (et c’est là le problème), me confiait une amie avec qui je causais au resto ce samedi soir-là. Il arrive également, admettait une autre copine autour de la table, que l’attitude séductrice, sensuelle et exhibitionniste de certaines femmes puisse les placer en eaux troubles sans le vouloir… Comme tu vois, mon cher Alex, il n’y a pas de solution magique… même avec de la bonne volonté et des règles de conduite claires.

Pourtant on peut éviter ça dans la mesure du possible, si on y va mollo au départ. Il faut procéder par étape. Apprivoiser l’autre peu à peu. Comme dans n’importe quelle relation humaine. Avant d’inviter quelqu’un à danser – spécialement si on n’a jamais dansé avec lui ou elle – on doit observer la distance qu’il ou qu’elle place avec ses partenaires, l’émotion sur son visage, l’attitude corporelle, le style et le comportement général du danseur ou de la danseuse. Sinon, on risque de se retrouver dans une position fâcheuse… et dans une zone d’inconfort, voire de turbulences...

La notion de proximité varie beaucoup d’un individu à l’autre, d’une culture à l’autre même. Elle n’est pas facile à établir et à exprimer en toutes circonstances en raison de son caractère personnel, subjectif et intime. Il ne faut donc pas imposer ses limites en entrant dans la bulle de l’autre, pas plus qu’il faille indirectement forcer l’autre à les fixer par bravade ou désinvolture, pour savoir où elles se trouvent… Non, on doit plutôt laisser les corps des danseurs les définir et les redéfinir librement, doucement, graduellement et naturellement dans un rapport de consentement et de respect mutuels. Step by step. Mais pour ça, et c’est là le défi, il faut vraiment être à l’écoute de soi et de l’autre pour être capable de percevoir et d’exprimer clairement ses limites par le geste ou par la parole au besoin. Voilà des qualités très rares de nos jours qu’il vaudrait la peine de cultiver davantage... tant du côté des hommes que des femmes...

Signé, le bel inconnu...